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Rallye d'Argentine Mcrae, Vainqueur d'un duel Britannique

Grâce cette victoire remportée ce week-end en Argentine, Colin McRae - en tête de bout en bout - a ouvert son score dans le championnat du monde 2001 et décroché son premier succès depuis le rallye d'Acropole en juin dernier. Une série de...

Grâce cette victoire remportée ce week-end en Argentine, Colin McRae - en tête de bout en bout - a ouvert son score dans le championnat du monde 2001 et décroché son premier succès depuis le rallye d'Acropole en juin dernier. Une série de cinq meilleurs temps sur les cinq premières spéciales permit au pilote Ford de s'échapper dès la première étape. Ce départ tonitruant lui donna suffisamment d'air pour contrôler la course et laisser Richard Burns (2e, Subaru), le seul à avoir pu contester la suprématie de l'Ecossais, à distance respectable. Carlos Sainz (Ford) dut surmonter de fortes douleurs dorsales pour prendre une bonne 3e place, alors que nombre de favoris du championnat ont été victimes d'un taux d'abandons exceptionnellement élevé

Avant de s'envoler pour l'Amérique du Sud, Colin McRae et Richard Burns savaient tous deux que seule une grande performance en Argentine leur permettrait de garder vue sur le titre mondial. Ceci leur a carrément donné des ailes ce week-end car, après la première vraie journée de course, les deux Britanniques s'étaient installés en tête du classement général. Et déjà, le pilote Ford bénéficiait d'une marge qui allait s'avérer être décisive sur son rival de Subaru

Le lendemain, le duo britannique s'appropriait tour à tour les meilleurs temps, ce qui lui permit de prendre de plus en plus ses aises sur le groupe des poursuivants, alors que Sainz s'appliquait à défendre sa troisième place. Pour lui, un podium était presque synonyme d'exploit vu les terribles douleurs qu'il dut affronter durant le rallye à cause d'un disque vertébrale pinçant son nerf sciatique.

En s'élançant sur les pistes cassantes de la dernière étape, l'avance de McRae sur Burns était de 37 secondes. Le pilote Subaru, qui s'était imposé en Argentine l'an passé, était pourtant déterminé à ne pas laisser gagner son adversaire comme ça et il réduisit l'écart à 21 secondes. Mais ce n'était pas assez, et en sabrant le champagne sur le podium, Colin McRae pouvait bel et bien oublier son catastrophique début de saison.

Il faut dire que les trois hommes sur le podium à Cordoba furent les seuls pilotes de pointe à ne pas avoir rencontré d'ennuis, alors que leurs adversaires ont été soit retardés, soit éliminés par une pléiade de soucis. Si Tommi Mäkinen (Mitsubishi-Michelin) a terminé la première étape sans ambages et restait proche du trio de tête, il fut en difficulté dès le lendemain matin lorsqu'un problème de transmission lui coûta près d'une minute et demi, le faisant chuter à la 6e place. Une fuite au radiateur ralentit ensuite le leader provisoire du championnat du monde dans sa remontée, mais une paire de meilleurs temps l'aidèrent à retrouver le chemin de la 4e place pour récolter trois points supplémentaires et rester largement en tête du championnat Pilotes.

Auteur d'une course régulière et limpide, le Norvégien Petter Solberg (Subaru) empocha la 5e place alors que le dernier point revint à Freddy Loix (6e) dont la prestation permet à Mitsubishi-Michelin de rester en tête du championnat Constructeurs.

L'unique pilote Hyundai-Michelin à l'arrivée est Alister McRae qui franchit la ligne en 9e position derrière François Delecour (7e, Ford) et Toshihiro Arai (8e, Subaru). Le frère du vainqueur a vaincu un début d'incendie à l'arrière de sa voiture le premier jour et put donc emmagasiner de l'expérience pour la dernière évolution de l'Accent WRC. La marque coréenne semblait même pouvoir amener ses deux autos à l'arrivée. Malheureusement, l'équipier suédois de McRae, Kenneth Eriksson, fut contraint à l'abandon après la perte d'une roue dans l'avant-dernière spéciale, la célèbre "Giulio Cesare".

Pour l'équipe championne du monde Peugeot-Michelin, cette édition 2001 du rallye d'Argentine fut tout bonnement désastreuse : pas une des trois 206 WRC n'est à l'arrivée ! Malgré le meilleurs temps de Marcus Grönholm le dernier jour, l'équipe française n'a jamais semblé à son aise en Amérique du Sud et ses trois pilotes ont rencontré une série quasi interminable de problèmes.

Harri Rovanperä était déjà en route pour la Finlande vendredi soir après avoir été éliminé par une suspension endommagée dans un des nombreux passages de gués, alors que cette première journée avait également vu Grönholm et Didier Auriol ralentis par un "loup" dans la transmission. Ce problème fut en partie résolu le soir grâce à de nouveaux réglages des différentiels actifs, mais le Français rencontra des ennuis de turbo dès le lendemain matin.

Plus tard dans la journée, son équipier finlandais fut retardé par sa direction assistée, et le lendemain les deux autos tombèrent dans la Sierra. Grönholm fut le premier à quitter la scène après avoir grillé son embrayage suite à une sortie de route à quatre spéciales de la fin. Auriol l'a rejoint sur la liste des abandons peu après lorsqu'il a cassé sa suspension… dans "Giulio Cesare".

Le voyage de Skoda au pied des Andes s'est terminé de façon dramatique lorsque le directeur de l'ingénierie de la firme tchèque fut sévèrement touché dans un accident samedi. Jens Pohlmann fut percuté dans le parc fermé par un camion-citerne fou qui se rendait sur un incendie à l'arrivée de l'ES11. Dimanche, il était confirmé que l'Allemand souffrait d'une fracture du pelvis, de cinq cotes cassées, d'une épaule fracturée et de divers traumatismes internes et son état étant jugé sévère mais stable. Cet accident causa aussi des dommages aux deux Octavia WRC lorsque le camion se coucha sur les autos. Bruno Thiry, sur le point de démarrer sa Skoda, parvint à échapper au pire en se jetant dans le siège de son copilote, la rigidité de son arceau le protégeant du poids du camion !

… LE RALLYE SELON MICHELIN
Les partenaires de Michelin accablés par des problèmes en Argentine

DE RARES OCCASIONS... A l'exception de Freddy Loix, les partenaires WRC de Michelin ont été accablés par une liste exceptionnellement longue de problèmes mécaniques qui les ont prématurément éliminé de la bagarre pour la victoire. Lors des rares occasions qu'ont eu les principaux candidats pour le titre de se livrer à fond, leurs chronos étaient très souvent soit au niveau de, soit meilleurs que ceux de McRae et Burns. Au moment où la bataille entre les pilotes britanniques était au plus chaud, Tommi Mäkinen (Mitsubishi-Michelin) a effectivement réalisé deux meilleurs temps consécutifs (ES15 et ES16), tandis que Marcus Grönholm (Peugeot-Michelin) a été le plus rapide dans l'ES17 et seulement 1/10e de seconde moins vite que McRae dans l'ES12.

LA TRADITION RESPECTEE… Une fois de plus, les concurrents ont dû faire face à une très grande variété de conditions. A l'exception d'un léger crachin le premier jour, la pluie a passé son chemin mais un épais brouillard a posé quelques soucis lors des premières spéciales et les températures au sol ont varié entre 2° et 22°C. Pour leur part, les revêtements sont passés du sable et de la terre roulante aux pistes plus rocailleuses du troisième jour.

CHOIX… Les quatre partenaires de Michelin présents en Argentine avaient effectué des choix différents de sculpture pour la manche sud-américaine. Hyundai : Michelin Z et Michelin ZA. Mitsubishi : Michelin ZA et Michelin ZE16. Peugeot : Michelin ZA et Michelin WB. Skoda : Michelin Z et Michelin ZE16. En fin de compte, l'intégralité des pilotes Michelin ont chaussé soit le Michelin ZA, soit le Michelin Z re-taillé en "ZA" pendant toute la durée de l'épreuve, la plupart du temps en centrage "8", plus rarement en centrage "9".

-Michelin

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Series WRC
Drivers Tommi Makinen , Colin McRae , Carlos Sainz , Freddy Loix , Richard Burns , Harri Rovanpera , Didier Auriol , Marcus Gronholm , Petter Solberg , François Delecour , Alister McRae , Kenneth Eriksson