Valence 15-17 Septembre 2000

Championnat du monde de Vitesse Moto (500cm3) 13e manche : Grand Prix d'Espagne Valence - Les 15, 16 et 17 septembre 2000 Explication au sommet entre Roberts et Rossi L'intensité du Championnat du monde en 500 cm3 va encore monter d'un cran...

Championnat du monde de Vitesse Moto (500cm3)

13e manche : Grand Prix d'Espagne
Valence - Les 15, 16 et 17 septembre 2000

Explication au sommet entre Roberts et Rossi

L'intensité du Championnat du monde en 500 cm3 va encore monter d'un cran à Valence. La conquête du titre va, en effet, tourner en un duel direct entre Kenny Roberts (Telefonica Movistar Suzuki-Michelin) et Valentino Rossi (Nastro Azzurro Honda-Michelin), tout deux fils d'anciennes stars des Grand Prix. Actuellement en tête du Championnat du monde, Kenny Roberts est le fils aîné du triple champion du monde 500 cm3, King Kenny, et Valentino Rossi est le fils unique de Graziano, plusieurs fois vainqueur en Grand Prix 250. Ces deux enfants terribles sont actuellement séparés par 46 points et il reste encore quatre courses à venir...

La course de dimanche sera la dernière à se disputer en Europe avant l'envol vers les trois dernières épreuves de la saison ; elle sera également le troisième Grand Prix de l'année à se disputer en Espagne et constituera un véritable tournant dans la course vers le titre mondial en 500 cm3.

Kenny Roberts arrive à Valence après avoir légèrement creusé son avance sur Rossi au Portugal, il y a quinze jours. Mais, deux semaines, Rossi avait réduit l'écart auparavant en République Tchèque, alors bien malin qui pourrait dire qui l'emportera dans cette bataille en dents de scie. Après dimanche soir, l'Américain et l'Italien poursuivront leur bagarre à travers le monde pour les trois dernières courses de l'année, le mois prochain : Rio (Brésil), Motegi (Japon) et Phillip Island ( Australie).

Les pilotes et le circuit

Ce week-end verra Valence accueillir une épreuve du Championnat du monde pour la deuxième fois, le circuit ayant été inauguré lors du Grand Prix en septembre dernier. Regis Laconi (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) y avait remporté son premier Grand Prix, devançant Kenny Roberts et Gary McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin). Le choix des pneumatiques avait joué un rôle déterminant dans des conditions difficiles et Laconi avait opté pour un intermédiaire à l'avant et un slick à l'arrière ; les dix premiers du Grand Prix étaient tous équipés de Michelin.

Cette épreuve est l'un des trois Grand Prix espagnols de la saison et le public, essentiellement espagnol, va certainement pousser les régionaux de l'étape, en espérant qu'ils seront mieux classés que l'année dernière. Le champion du monde en titre, Alex Crivillé (Repsol Honda-Michelin) avait chuté lors de la course de septembre dernier et avait dû abandonner alors que Carlos Checa (Marlboro Yamaha Team-Michelin) terminait cinquième et Sete Gibernau (Repsol Honda-Michelin) neuvième.

Cette année, les trois stars espagnoles ont connu une saison très inégale. Checa défendait parfaitement ses chances lors des six premières courses, Crivillé ne remportait qu'un Grand Prix alors que Gibernau s'efforçait de rééditer sa pole position du premier Grand Prix de la saison en Afrique du Sud. En fait, depuis cette performance de début d'année, Gibernau ne s'est montré sous son meilleur jour que lors du récent Grand Prix du Portugal, menant les premiers tours et se bagarrant pour finir dans les trois premiers, s'il n'y avait pas eu cette chute malheureuse. Le champion de 26 ans, ayant également trébuché lors du Grand Prix d'Espagne en avril et du Grand Prix de Catalogne en juin, est bien déterminé à figurer correctement pour sa dernière prestation de l'année en Espagne.

"La saison n'a pas été facile" admet Gibernau. "Pendant quelques courses, les choses semblaient en bonne voie, mais nous avons connu quelques problèmes. J'ai dû serrer les dents et travailler dur. Il suffirait que la machine soit plus régulière pour que nous revenions en force."

A l'instar de ses rivaux en 500 cm3, Gibernau sait que Valence est l'un des circuits les plus lents des Grands Prix, lent mais certainement pas facile. La principale ligne droite est courte et peu rapide, et les virages exigent des rapports de boîte serrés, ce qui rend une machine de 190 ch plus difficile que jamais à maîtriser.

"Valence est un circuit passionnant mais truffé de pièges," déclare-t-il. "On peut se laisser facilement surprendre en raison des nombreux virages lents. Ce n'est certainement pas le type de circuit où on peut profiter à plein de la puissance et de la vitesse d'une 500 cm3, mais il y a des accélérations sur les premiers rapports, ce qui est toujours un sacré challenge".

"C'est un vrai circuit "stop-and-go" où il faut un pneu avant qui permette de freiner et de tourner rapidement, de manière à transférer le poids aussi vite que possible vers l'arrière. Sur la majeure partie du circuit, on n'a pas besoin que les pneus adhèrent en même temps, les virages étant si courts.

Ce qu'il faut, c'est un bon transfert de masse de l'arrière vers l'avant et de l'avant vers l'arrière".

"Je pense que c'est un peu comme Estoril. On a besoin d'un pneu avant précis et qui ne bouge pas trop sur les freinages mais il faut également trouver un mélange de gomme assez tendre qui, en se "tordant"dans les virages vous donne plus de sensations, c'est-à-dire plus de contrôle".

"Le dernier virage est constitué d'un double gauche qui sollicite l'épaule du pneu. En plus, il est en dévers et pour et pour éviter d'élargir la trajectoire, il faut un pneu qui offre une bonne maniabilité. Mais l'avant n'est pas un véritable problème ici car on est en pleine accélération pendant la majeure partie du virage. Le poids est transféré vers l'arrière et l'avant ne pousse pas".

"Pour l'arrière, il faut également une bonne perception du contact au sol, ce qui signifie un pneu arrière avec une carcasse relativement souple. Il peut bouger mais ça n'a pas d'importance car cela permet de mieux sentir le pneu pour accélérer en sortie de virage, même lorsque le pneu commence à patiner. Le feeling est d'autant plus important que la plupart des virages sont lents, ce qui multiplie les risques de se faire éjecter de la moto (highside). L"éjection" se produit plus rarement dans les virages rapides où l'on est déjà presque à la puissance maximum. C'est le couple moteur en sortie des virages lents qui provoque ce genre de chute."

La réponse de Michelin au défi de Valence

Les pilotes Michelin ont dominé la course de l'année dernière à Valence et comme l'ensemble des pilotes 500 cm3 a choisi les pneus français, c'est encore Michelin qui devrait dominer la course ce week-end. Ce qui ne signifie nullement que les ingénieurs Michelin pourront se relaxer. Comme toujours, ils travaillent en étroite collaboration avec leurs partenaires pour choisir les meilleurs pneus en vue de la course de dimanche. Ils collectent des informations primordiales pour le développement des pneus de la marque destinés non seulement à la compétition mais aussi à "Monsieur tout le monde".

Certes, les pilotes Grand Prix n'ont couru qu'une fois à Valence, mais la plupart d'entre eux ont fait des essais sur ce circuit en février, Carlos Checa était le plus rapide. Aprilia-Michelin y a également réalisé des essais après le Grand Prix de Catalogne en juin mais le team italien a trouvé la piste trop glissante.

"L'année dernière, la surface était poussiéreuse et glissante et, après ce qui est arrivé à Aprilia, je m'attends au même scénario cette fois," déclare Jacques Morelli, responsable de l'activité Grand Prix chez Michelin. "L'adhérence devrait s'améliorer au fur et à mesure que le circuit est utilisé, à condition bien sûr qu'il ne pleuve pas."

Le circuit de Valence, qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, sollicite énormément le pneu arrière - surtout du côté gauche - du fait des nombreux virages serrés et rapprochés. Jacques Morelli s'attend donc à ce que les pilotes soient plus nombreux à opter pour des 16,5 pouces à l'arrière, plutôt que les 17 pouces traditionnellement plus populaires. A Estoril, il y a quinze jours, les cinq premiers étaient tous équipés de pneus arrière de 16,5 pouces. Et, à Valence l'année dernière, le pneu arrière 16,5 pouces remportait sa première victoire en Grand Prix depuis plusieurs années.

"Je pense qu'il en sera de même pour cette course aussi, ajoute Jacques Morelli. Avec autant de virages lents, les pilotes passent beaucoup de temps à accélérer sur les premiers rapports, patinant et dérapant à l'arrière, contrôlant leur machine par la poignée de gaz. En d'autres termes, le pneu travaille énormément et le 16,5 pouces est plus adapté parce que sa bande de roulement est légèrement plus large, ce qui augmente l'aire de contact sur l'angle maximum et aussi parce que ce pneu offre une meilleure répartition de la pression. Quel que soit le pneu, certaines zones de la bande de roulement subissent plus de pression que d'autres. Il faut que la différence entre les maxima et les minima soit aussi réduite que possible et le 16,5 pouces offre une répartition de température plus basse et plus homogène. En conséquence, les pilotes peuvent choisir un pneu plus tendre qui leur donne plus d'adhérence tout au long de la course. A Valence, nous avons également des pneus arrière bicomposants avec le côté gauche confectionné dans un mélange plus dur."

"Les pilotes ont besoin d'un pneu avant qui accroche à Valence pour mieux sentir tous les virages lents. Mais il leur faut aussi une architecture rigide parce qu'ils ont de gros freinages en courbes et ne veulent pas une trop forte déformation du pneu."

Les pneumatiques à Valence

Michelin apportera environ 2 400 pneumatiques à Valence ce week-end - 1 800 slicks et 600 pneus pluie et intermédiaires. L'équipe Michelin chargée de veiller aux besoins des pilotes regroupe 17 professionnels : six techniciens, neufs monteurs, un coordinateur et un manager.

Michelin disposera en outre de cinq semi-remorques àValence, quatre pour le transport des pneumatiques et un cinquième pour l'équipement technique et administratif.

Valence en quelques chiffres

Record du tour

Kenny Roberts (Telefonica Movistar Suzuki-Michelin) en 1 min 42,473 sec, à 140,700 kmh de moyenne (en 1999 sur piste humide)

Pole position 1999

Regis Laconi (Red Bull Yamaha WCM-Michelin), 1 min 36,132 sec

Récent vainqueur du Grand Prix d'Espagne

1999 : Regis Laconi (Red Bull Yamaha WCM-Michelin), 53 min 23,825 sec (premier Grand Prix couru à Valence sur piste humide)

<pre> Classement provisoire du Championnat du monde

 1 - Kenny Roberts (Suzuki-Michelin)                194 points
 2 - Valentino Rossi (Honda-Michelin)               148 points
 3 - Carlos Checa (Yamaha-Michelin)                 132 points
 4 - Loris Capirossi (Honda-Michelin)               126 points
 5 - Norick Abe (Yamaha-Michelin)                   113 points
 6 - Alex Barros (Honda-Michelin)                   110 points
 7 - Garry McCoy (Yamaha-Michelin)                  109 points
 8 - Alex Crivillé (Honda-Michelin)                 107 points
 9 - Max Biaggi (Yamaha-Michelin)                   102 points
10 - Nobuatsu Aoki (Suzuki-Michelin)                 86 points
11 - Tadayuki Okada (Honda-Michelin)                 80 points
12 - Régis Laconi (Yamaha-Michelin)                  78 points
13 - Jurgen v.d. Goorbergh (Honda-Michelin)          68 points
14 - Jeremy McWilliams (Aprilia-Michelin)            66 points
15 - Sete Gibernau (Honda-Michelin)                  51 points
16 - Tetsuya Harada (Aprilia-Michelin)               30 points
17 - David De Gea (Modenas-Michelin)                 18 points

Catégorie 500cm3

Les partenaires Michelin

 N° Pilote                                         Team
  1 Alex Crivillé                                  Repsol YPF Honda Team
  2 Kenny Roberts                                  Telefonica Movistar Suzuki
  4 Max Biaggi                                     Marlboro Yamaha Team
  5 Sete Gibernau                                  Repsol YPF Honda Team
  6 Norifumi Abe                                   Antena 3 Yamaha - D'Antin
  7 Carlos Checa                                   Marlboro Yamaha Team
  8 Tadayuki Okada                                 Repsol YPF Honda Team
  9 Nobuatsu Aoki                                  Telefonica Movistar Suzuki
 10 Alex Barros                                    Emerson Honda Pons
 11 David De Gea                                   Technical Sport Racing
 17 Jurgen v.d. Goorbergh                          Rizla Honda
 18 Sébastien Legrelle                             Tecmas Honda Elf
 20 Phil Giles                                     Sabre Sport
 24 Garry McCoy                                    Red Bull Yamaha WCM
 25 José Luis Cardoso                              Maxon Dee Cee Jeans
 31 Tetsuya Harada                                 Blu Aprilia Team
 43 Paolo Tessari                                  Team Paton *
 46 Valentino Rossi                                Nastro Azzurro Honda
 55 Régis Laconi                                   Red Bull Yamaha WCM
 65 Loris Capirossi                                Emerson Honda Pons
 99 Jeremy McWilliams                              Blu Aprilia Team

* Sur certains Grands Prix européens

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