Pr?sentation du GP d'Italie par Michelin

Record de Vitesse en vue pour les Quatre-Temps. Le cri rauque des nouveaux quatre-temps va faire vibrer les célèbres collines du Mugello ce week-end. Le superbe tracé italien, qui pour beaucoup permet d'assister aux plus beaux Grands Prix de...

Record de Vitesse en vue pour les Quatre-Temps.

Le cri rauque des nouveaux quatre-temps va faire vibrer les célèbres collines du Mugello ce week-end. Le superbe tracé italien, qui pour beaucoup permet d'assister aux plus beaux Grands Prix de la saison, pourrait également donner aux plus rapides des quat re-temps les moyens de battre le record de vitesse absolu de la catégorie.

Pour l'instant, c'est Valentino Rossi (Repsol Honda Team RC211V-Michelin) qui est l'homme le plus rapide de la saison avec un 315,3 km/h signé lors du premier GP, à Suzuka. Mais d'après certains experts, c'est la vitesse de 325 km/h qui pourrait être attei nte au Mugello. Le record actuel date de 1993. Sur le très rapide tracé d'Hockenheim, en Allemagne, Shinichi Itoh (Rothmans Honda NSR500-Michelin) avait pointé à 321 km/h pendant les essais.

Depuis environ un an, Michelin collabore avec les grands constructeurs japonais pour mettre au point une nouvelle gamme de pneus arrières capables d'encaisser l'importante puissance des quatre-temps. Ce travail a visiblement porté ses fruits puisque les pi lotes Michelin ont tout gagné cette saison et en plus, ils occupent les six premières places du classement provisoire.

Ce week-end, les Italiens seront très certainement à nouveau les principaux animateurs. Rossi devrait continuer le duel entamé au Mans avec Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team YZR-M1-Michelin), 3ème au guidon de sa Yamaha quatre-temps. Loris Capirossi (West H onda Pons NSR500-Michelin), qui est actuellement le mieux placé des pilotes deux-temps (3ème au championnat derrière Tohru Ukawa (Repsol Honda Team RC211V-Michelin), risque fort d'avoir aussi son mot à dire.

LES PILOTES ET LE MUGELLO

Ce week-end est le plus important de l'année pour Valentino Rossi. Le leader du championnat est devenu une énorme vedette dont la renommée dépasse de loin les frontières du sport en Italie. Chacune de ses apparitions au Mugello fait venir des hordes de fan s qui lui sont d'une fidélité absolue. Cette année, ils verront peut-être un Rossi encore plus rapide que d'habitude.

"C'est clair, les nouveaux quatre-temps vont très, très vite," explique le triple Champion du monde. "Quand j'examine les données télémétriques dans le box et que je vois à quelle vitesse nous roulons, je suis impressionné. Mais je ne sais pas si nous somm es proches de la limite ^Ö un pilote a toujours envie d'aller un peu plus vite ! L'important c'est l'aspect sécurité. Il nous faut des dégagements importants quand les motos sont si rapides. Mais à l'exception de quelques endroits, tous les circuits de GP o ffrent un bon niveau de sécurité. "

Rossi rêve de la victoire ici, lui qui n'a jamais gagné un GP d'Italie en catégorie reine. Il a eu beau y parvenir en 125 en 1997 et en 250 en 1999, il n'a jamais terminé la course depuis son arrivée en 500, il y a deux ans. En 2000, il a chuté dans les de rniers tours alors qu'il menait et l'année dernière, il s'est fait piéger par une pluie diluvienne alors qu'il était deuxième.

"Les deux fois je forçais trop !" avoue Rossi, qui était en pole l'an dernier. "Cette année, j'ai encore plus envie de gagner. C'est vraiment un week-end très important pour moi, comme pour tous les pilotes italiens. Surtout Capirossi et Biaggi. C'est auss i une grande fête pour les spectateurs italiens qui adorent nous voir en bagarre. J'aime beaucoup cette ambiance du Mugello et je crois que cette année, elle pourrait être encore plus incroyable que d'habitude. Mais c'est aussi très éprouvant parce que la pression est énorme. J'ai tellement envie de gagner devant mon public, surtout après les échecs des deux dernières années."

C'est la première fois que Rossi, qui a déjà remporté trois des quatre premières courses, va piloter sa RCV au Mugello. Cette moto époustouflante, qui frôle les 220 chevaux, l'a forcé à adapter son pilotage et à travailler en étroite collaboration avec Mic helin afin d'aider le géant du pneu à développer son nouveau slick arrière S4 de 16,5 pouces. Conçu pour les quatre-temps, ce pneu s'est aussi révélé très efficace sur les deux-temps.

"Nous avons une bonne motricité et nous essayons maintenant d'améliorer le grip sur l'angle," révèle Rossi. "La puissance arrive à un régime nettement plus bas sur le quatre-temps et il y a également plus de puissance que sur un deux-temps. En plus, la mot o est aussi plus lourde qu'une 500. Tout cela sollicite beaucoup plus les pneus en virage. Le quatre-temps a beau mieux tracter que la 500 en sortie de virage, il est moins performant en vitesse de passage en courbe ce qui nous fait perdre un peu de vitess e en sortie."

Si le comportement moteur plus doux d'un quatre-temps le rend plus facile à exploiter qu'une 500, pour un génie du pilotage comme Rossi, ce n'est pas forcément une bonne chose. "C'est un peu paradoxal parce que ce comaportement facilite les sorties de cour be et il devient donc plus difficile de faire la différence face aux autres pilotes en fin de course," détaille Rossi. "La 500 était plus sauvage et donc plus difficile à maîtriser mais dans les derniers tours, celui qui prenait quelques risques et osait d eux ou trois glissades pouvait prendre l'avantage sur les autres. Avec cette moto, c'est aussi possible d'arriver à faire ça mais c'est plus dur."

Rossi a battu les deux-temps partout cette année mais sur certains circuits, la différence n'était pas énorme. Surtout à Jerez où Daijiro Kato (Fortuna Honda Gresini NSR500-Michelin) a terminé à seulement une seconde de la RCV du champion en titre grâce en tre autre au S4 et au grip supplémentaire qu'apporte ce pneu. "Il fonctionne aussi très bien sur les deux-temps," affirme Rossi. "C'est pour cela que les 500 sont parfois capables de rester avec nous. "

Rossi a beaucoup travaillé sur le S4 mais préfère rester en terrain connu en ce qui concerne le pneu avant. "J'utilise toujours le même type de Michelin à l'avant," dévoile-t-il. "Pour le quatre-temps, j'ai simplement opté pour un type de pneu un peu plus dur que celui que je prenais sur la 500. Je dis toujours que le choix du pneu avant est plus psychologique que technique. Une fois qu'on a trouvé 'son' pneu avant et qu'on se sent totalement en confiance, on peut vraiment se jeter dans les virages."

Avec tous ces virages rapides, en dévers et en descente, le Mugello requiert un pneu avant très performant. "Ici l'avant compte énormément, surtout dans des endroits comme Casanova qui sont en descente et fortement en dévers," dit Rossi. "Il n'est pas faci le de régler la moto au Mugello et pourtant, il est très important d'avoir une moto très bien équilibrée avec une piste aussi rapide et aussi technique. Ce sont les esses de Casanova-Savelli et les deux droits d'Arrabbiata qui sont les plus techniques. Ces endroits sont très rapides et on peut y gagner beaucoup de temps mais il faut une moto parfaite et beaucoup de grip."

MICHELIN ET LE MUGELLO

Avec une ligne droite de 1,1 km, le Mugello permet aux pilotes d'atteindre des vitesses très importantes. Voilà qui fait chauffer les pneus arrières. Paradoxalement, le Mugello fait partie de ces rares circuits qui obligent les pilotes et leurs ingénieurs à passer autant de temps à travailler le pneu avant que le pneu arrière. Ce tracé qui serpente au milieu d'une très jolie vallée toscane comporte plusieurs virages rapides en descente et en dévers. Pour ne pas y perdre trop de temps, un pilote doit obligat oirement disposer d'un très bon grip à l'avant afin de pouvoir rentrer dans ses virages aussi vite que possible. Voilà pourquoi ils passent plus de temps à chercher les meilleures gommes et carcasses pour leurs pneus avant.

"Ces virages mettent le pneu avant à rude épreuve donc nous employons des carcasses plutôt dures ici," confirme Emmanuel Fournier, le responsable Michelin Grand Prix. "Nous en aurons deux types ce week-end et les deux sont plus rigides que la moyenne. Ross i a raison de dire que le choix du pneu avant relève plus du mental du pilote qu'autre chose. Valentino est le seul à parfois préférer un pneu 2001 à nos avants de 2002. L'an dernier, il a utilisé le même pneu avant 9 fois sur 10. Il avait vraiment confian ce en ce qui était devenu "son" pneu avant. Ca lui simplifiait les choses parce qu'il pouvait ainsi se concentrer sur d'autres aspects du réglage de sa moto. Cette année, il utilise un pneu avec une carcasse un peu plus rigide parce que le quatre-temps est plus lourd que le deux-temps."

"Bien entendu, le pneu arrière compte aussi beaucoup au Mugello. C'est un circuit rapide et le pneu chauffe donc pas mal. Ce week-end, nous aurons un choix important de gommes en S4 mais nous avons déjà une bonne idée de quelle carcasse utiliser. Nous déve loppons plusieurs types de gommes en ce moment, environ sept ou huit. C'est bien de pouvoir disposer d'un choix aussi étendu mais c'est aussi beaucoup de travail pour nous pour arriver à prendre en compte les commentaires des pilotes sur tous ces pneus."

STATS MUGELLO

Record du tour Mick Doohan (Repsol Honda-Michelin), 1'53''342 (1998)

Pole position 2001 Valentino Rossi (Nastro Azzurro Honda-Michelin), 1'52''554

-michelin-

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About this article
Series MotoGP
Drivers Max Biaggi , Loris Capirossi , Valentino Rossi , Tohru Ukawa , Mick Doohan , Shinichi Ito
Teams Repsol Honda Team