Michelin GP du Portugal, Estoril ?preuve

Championnat du Monde Moto, saison 2001, 11e épreuve Grand Prix du Portugal, Estoril- 7/8/9 septembre 2001 LE CIRCUIT LE PLUS LENT Que ce soit en terme de temps au tour, de temps total de course ou de temps en qualification, la saison 2001 a...

Championnat du Monde Moto, saison 2001, 11e épreuve
Grand Prix du Portugal, Estoril- 7/8/9 septembre 2001

LE CIRCUIT LE PLUS LENT

Que ce soit en terme de temps au tour, de temps total de course ou de temps en qualification, la saison 2001 a battu tous les records. Mais ce week-end, c'est sur le circuit le plus lent des 16 GPs de l'année que les stars de la 500 vont livrer bataille. Et avec des bolides qui flirtent avec les 200 chevaux, un circuit lent n'est jamais un circuit facile.

Mais ce dimanche, la vedette continuera d'être tenue par les deux italiens rois de la catégorie, Valentino Rossi (Nastro Azzurro Honda-Michelin) et Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team-Michelin). Leur main mise sur le championnat 2001 est impressionnante puisqu'ils totalisent déjà neuf victoires sur dix courses. Il y a deux semaines, à Brno, la course s'est à nouveau résumée à un duel entre eux. Malheureusement pour lui, Biaggi a chuté, ce qui laisse Rossi avec un avantage de 29 points au championnat. Mais des points, il en reste 150 à attribuer sur les six derniers GPs. Autant dire que Rossi est loin d'être titré.

Cette année, les deux hommes ont su tirer la quintessence de leurs pneus Michelin pour donner à la 500 un rythme qu'elle n'avait jamais eu auparavant. Le 16.5 pouces arrière, a progressivement remplacé le 17 pouces, et offre une meilleure adhérence et une longévité accrue à ces pilotes exceptionnels qui n'ont pas tardé à en profiter. Les cinq GPs de cette année comparables en terme de conditions de course par rapport à l'éditions 2000 ont tous été bien plus rapides : de 25 secondes à Suzuka, de 35 secondes à Welkom, de 23 secondes à Jerez, de 16 secondes au Mans et de 32 secondes à Brno.

Les six dernières épreuves promettent d'être du même acabit. Tant mieux pour le spectacle. Estoril est le pénultième GP européen, avant Valence (Espagne) le 23 septembre. Suivront le Japon (GP du Pacifique), l'Australie et la Malaisie en octobre avant de terminer à Rio (Brésil) le samedi 3 novembre.

ESTORIL ET LES PILOTES

C'est en septembre dernier que le nouveau circuit d'Estoril a accueilli son premier GP moto. Malgré une vitesse moyenne de 146 km/h au tour, le tracé c'est avéré aussi complexe qu'exigeant. Personne ne l'a trouvé facile. Son bitume est bosselé et poussiéreux et le vent se fait parfois fortement sentir à Estoril.

Avec son style privilégiant la glisse, c'est Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) qui s'est le mieux adapté à ces difficultés et qui a remporté la course. Blessé sur chute au GP de France en mai dernier, McCoy n'a pas gagné cette saison et visera donc la plus haute marche du podium ce week-end.

"Il faut être agressif en pilotage à Estoril," explique-t-il. "C'est un circuit bosselé et qui offre peu de grip. Ma solution est donc de faire comme si je pilotais ma moto de cross ! Comme il est difficile d'être aussi coulé qu'ailleurs, il faut avant tout s'amuser au guidon."

McCoy a toujours l'air de piloter sa Yamaha au-delà de la limite. Tout en glisse dans les virages, le pneu arrière qui laisse des traînées noires sur le bitume, McCoy est le plus spectaculaire des pilotes 500. Mais cette technique de pilotage est plus efficace sur certains tracés que sur d'autres. "Comme le grip n'est pas énorme à Estoril, je peux rentrer dans les virages avec l'arrière en glisse et continuer à glisser jusqu'à la sortie," explique McCoy. "Ce circuit n'est pas très dur pour les pneus mais de toute façon mon style me permet d'utiliser des gommes plus tendres que les autres pilotes. Le seul virage qui fait vraiment travailler les pneus est le dernier droite, qui dure très longtemps. On est à l'angle maxi et on accélère à fond, en quatrième, jusqu'à la ligne droite. Il m'arrive d'y laisser de très grosses traces noires, soit parce que j'ai trop de vitesse de passage en courbe, soit parce que je veux relever la moto aussi tôt que possible pour préparer la ligne droite. A part ce virage et la cassure de la ligne droite du fond, qu'il est possible de prendre à fond si on la négocie bien, tous les autres virages sont serrés et ne sollicitent donc pas trop les pneus."

"La partie la plus intéressante est l'approche du premier virage. On est à fond de sixième sur la ligne droite et là, on freine en rentrant les rapports jusqu'à la première. D'un coup, le circuit paraît hyper étroit à cet endroit là. C'est très difficile de distinguer le repère de freinage et les tout-droits sont nombreux. En plus, comme le virage se referme sur lui-même, il ne faut pas commettre d'erreur."

McCoy a gagné trois fois l'an dernier et c'est en grande partie pour suivre la voie qu'il avait tracée que ses pairs ont plébiscité le pneu arrière de 16.5 pouces. Il fut le premier à porter ce pneu à la victoire depuis sept ans et également le premier à adapter sa moto en réglages pour profiter au mieux des avantages qu'il offre. Grâce à une forme différente, le 16.5 pouces permet d'élargir le point de contact à l'angle maxi et donc d'augmenter l'adhérence en virage tout en permettant au pneu de moins chauffer, ce qui le fait mieux durer. " Nous étions les premiers à nous tourner vers le 16.5 donc nous avions un avantage," explique Hamish Jamieson, le chef-mécanicien de McCoy, " mais depuis les autres nous ont rattrapé."

LES PNEUS MICHELIN ET ESTORIL

D'après les tests effectués à Estoril avant le début de saison, ce GP devrait également être nettement plus rapide que l'édition 2000. En février dernier, lors de la séance organisée pour l'ensemble des équipes engagées en 500, Loris Capirossi (West Honda Pons-Michelin) avait signé le meilleur temps en 1'40''109, soit une amélioration gigantesque de deux secondes sur le record du tour enregistré lors d'un GP d'Estoril 2000 durant lequel le vent avait soufflé très fort.

Il y a fort à parier que le temps de Capirossi sera battu ce week-end car Michelin disposera d'une nouvelle version du pneu de 16.5 pour cette course. Le pneu, qui profite d'une carcasse différente, a été utilisé pour la première fois à Brno et a ravi la plupart des pilotes en supprimant l'effet de dribble qu'ils rencontrent souvent sur le circuit tchèque. "Nous travaillons sur ce nouveau pneu depuis le GP de Catalunya, en juin dernier," explique Jacques Morelli, le responsable Michelin Grand Prix. "Le dribble est un problème très difficile à résoudre mais il semblerait que nous ayons trouvé la solution. Nous aurons une version différente de notre nouveau pneu à Estoril, avec une gomme ajustée pour mieux convenir à cette piste."

"Nous pensons que les temps seront plus rapides cette année et cela a d'ailleurs été le cas sur la plupart des circuits. Mais Estoril est un tracé atypique et tout va dépendre du temps. Comme la mer n'est pas loin, le vent y est souvent très fort. La première séance d'essais, vendredi, risque donc de ne pas servir à grand chose car la piste sera encore très poussiéreuse. Et si le vent persiste pendant le week- end, il ramènera davantage de sable."

Pour Morelli, l'aspect le plus marquant d'Estoril est le contraste entre les virages rapides et les virages lents. "Toutes les pistes ont un caractère spécifique," ajoute-t-il. "Sepang est très large, Mugello et Brno ont des virages en dévers et comme chacun le sait, Phillip Island use beaucoup les pneus. Pour Estoril, c'est ce contraste entre les différents types de virages qui caractérise le circuit." Ce type de tracé contrasté oblige les ingénieurs à viser un compromis délicat dans le choix des pneus, les réglages du châssis et la configuration moteur. Idéalement, les ingénieurs Michelin aimeraient donner à leurs pilotes des pneus tendres pour les virages lents et des pneus plus durs et plus rigides pour les virages rapides. Comme c'est impossible, il faut concevoir des pneus qui soient efficaces dans chacun des 13 virages du circuit.

"Les différences entre les virages sont bien plus marquées à Estoril qu'ailleurs. Le dernier virage à droite est très rapide et comme les pilotes y sont en pleine accélération pour arriver à la ligne droite aussi vite que possible, ils peuvent vraiment user le pneu arrière. Il y a aussi la chicane qui est très lente... Dans l'ensemble, notre but est de donner à nos pilotes un pneu avant avec beaucoup de grip pour les mettre en confiance dans les virages serrés et un pneu arrière plus rigide pour les courbes rapides."

LES TEMPS DE REFERENCE A ESTORIL

Pole position 2000
Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) 1'40''736, 149.452kmh/92.865mph

Record du tour
Valentino Rossi (Nastro Azzurro Honda-Michelin) 1'42''200, 147.311kmh/91.535mph

Meilleur tour de la pré-saison 2001
Loris Capirossi (West Honda Pons-Michelin) 1'40''109

Récents vainqueurs du Grand Prix du Portugal
2000 Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) 48'07''663, 145.982kmh/90.709mphs (premier GP sur ce circuit)

-Michelin

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Series MotoGP
Drivers Garry McCoy , Loris Capirossi , Valentino Rossi , Phillip Island