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Monte Carlo: Citro?n dans le grand bain

Le Team Citroën-Total débute sa première saison complète en Championnat du Monde par l'engagement au Rallye Automobile Monte-Carlo de trois Xsara WRC, confiées aux équipages Colin McRae-Derek Ringer (n°17), Sébastien Loeb- Daniel Elena ...

Le Team Citroën-Total débute sa première saison complète en Championnat du Monde par l'engagement au Rallye Automobile Monte-Carlo de trois Xsara WRC, confiées aux équipages Colin McRae-Derek Ringer (n°17), Sébastien Loeb- Daniel Elena (n°18) et Carlos Sainz-Marc Marti (n°19).

La marque aux Chevrons est ainsi exacte au rendez-vous qu'elle s'était fixé en décidant de disputer le "Mondial" à l'issue des deux saisons d'approche progressive autorisées. "Nous attendions avec impatience cette entrée dans le grand bain, avoue Guy Fréquelin, Directeur de Citroën Sport. Elle génère une motivation énorme au sein de l'équipe. Au-delà, je ressens une adhésion, une implication de l'entreprise tout entière. Cet engouement fait chaud au c?ur !"

Equipe jeune en "Mondial", Citroën a besoin d'expérience. Sur ce plan, l'arrivée de Colin McRae et Carlos Sainz est un apport précieux. Sacré plus jeune champion du monde de l'histoire en 1995, Colin est actuellement le seul pilote à compter 25 victoires. Les chiffres résumant la carrière de Carlos sont impressionnants : 165 rallyes disputés, 83 terminés sur le podium dont 24 à la première place, et deux titres en 1990 et 1992. L'association de ces deux stars avec le jeune et prometteur Sébastien Loeb, vainqueur en Allemagne dès sa première saison en WRC, donne au Team Citroën- Total une allure extrêmement séduisante.

Les trois Xsara bénéficient pour l'épreuve monégasque d'améliorations moteur offrant un léger gain en puissance mais aussi en accélération et relance à bas régime. Côté châssis, les voitures sont équipées d'un nouveau système anti-roulis, où les barres avant et arrière sont interconnectées hydrauliquement dans le but d'améliorer la répartition des charges entre les roues.

"Avec l'équipe qui est la nôtre, et compte tenu de la brillante prestation de Sébastien lors de l'édition 2002, on ne nous croirait pas si nous disions que nous ne visons pas la victoire, admet Guy Fréquelin. Mais nous savons, comme tout le monde, que deux Monte-Carlo successifs se ressemblent rarement. L'an dernier, nous avions réussi le sans-faute dans les spéciales. Nous allons essayer de faire aussi bien."

Telefónica Movistar, Michelin, Magneti-Marelli, OZ, AIS et Citroën Financement sont les partenaires du Team Citroën-Total en Championnat du Monde des Rallyes.

Questions à Guy Fréquelin.

Carlos vous a rejoints tardivement. La préparation du rallye s'est-elle néanmoins déroulée comme vous le souhaitiez ? Où en est l'intégration des deux pilotes ?

"Carlos est peut-être un peu "court" en journées d'essais. Par ailleurs, la décision d'aligner une troisième voiture nous a amenés à augmenter rapidement nos effectifs. J'aurais aimé pouvoir laisser plus de temps aux nouveaux pour s'acclimater, et à tous pour s'habituer à travailler ensemble. En ce qui concerne l'intégration de Colin et Carlos, elle ne pose aucun problème. Je constate avec plaisir qu'ils font preuve d'une remarquable motivation."

L'an dernier, votre équipe avait su "lire" parfaitement les conditions de route. La météo laisse présager un rallye beaucoup plus difficile.

"C'est vrai, notre dispositif avait bien fonctionné. Il n'y a pas de raison pour qu'il n'en soit pas de même. Par contre, les conditions piégeuses qu'on peut craindre vont compliquer la tâche des équipages. C'est là qu'interviennent l'expérience, le feeling, et parfois la chance. Tout peut arriver. La saison s'ouvre par son rallye le plus complexe, mais il l'est pour tout le monde. Tâchons de jouer au mieux nos cartes."

Vous avez réuni une "dream team", forte de cinquante victoires en Mondial. Diriger une équipe aussi prestigieuse, est-ce que cela ne génère pas une certaine pression ?

"Bien sûr, la présence de pilotes tels que Colin et Carlos engendre un peu de pression. Mais en contrepartie, ils nous apportent la confiance que donne leur expérience. Les compter parmi nous décuple la motivation de l'équipe. Je suis sûr qu'avec de tels équipiers, Sébastien va progresser encore plus vite, et nous étonner à nouveau."

Questions à Colin McRae.

Vous avez piloté la Xsara sur terre, sur asphalte, et sur neige. Quel bilan faites-vous de son comportement sur ces différentes surfaces ? Quel est votre "feeling" à son volant ?

"Nous avons fait plusieurs séances d'essais depuis la fin du rallye de Grande-Bretagne. Mon premier bilan est bon. La Xsara est en fait une voiture très équilibrée, et facile à conduire sur toutes les surfaces. Ma première impression est bonne, je me sens bien à son volant."

Vous n'avez pas, jusqu'ici, connu beaucoup de réussite au Monte-Carlo. Est- ce pour cette raison qu'il ne fait pas partie de vos épreuves préférées ?

"Il n'y a pas vraiment de raisons. Je pense que c'est tout simplement un rallye très rapide et qui peut être dangereux : on part parfois avec des pneus inadaptés. Par exemple on roule avec des pneus pour route sèche sur de la neige. Ce sont les conditions difficiles et la nature même des spéciales qui font que je ne l'apprécie pas trop."

Comment évaluez vous vos chances de victoire ? La décrocher changerait-il votre opinion sur cette épreuve ?

"Non, gagner ne me ferait pas changer d'opinion. Cela dit, nous avons une bonne chance de vaincre, même si en fait, au Monte Carlo, pas mal de pilotes peuvent prétendre à la victoire. Un succès dans ce rallye est vraiment celui de l'équipe plus qu'une victoire de l'équipage, car il faut une combinaison de bons renseignements météo, de bons choix de pneus, etc. Le Monte-Carlo nécessite un "big team effort".

Questions à Sébastien Loeb.

Comment se sont passés les essais ? Quel est votre sentiment à propos de la voiture ?

"Nous avons une évolution moteur, et nous avons bien travaillé en essais. Le comportement de la voiture a progressé, et me convient tout à fait. Pour ce qui me concerne, je me sens mieux dans la Xsara qu'il y a un an. Le Monte-Carlo 2002 était ma deuxième course à son volant. Une saison d'essais et de rallyes a passé, j'ai acquis de l'expérience. Je suis plus en confiance, j'ai compris de quelle façon rouler pour être efficace."

La météo semble promettre un rallye piègeux. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

"Comme tout le monde j'adore rouler sur la neige avec des pneus adaptés. Partir en pneus pour le sec parce que c'est le meilleur choix et savoir qu'on va trouver des portions de neige ou des plaques de glace n'est pas spécialement réjouissant. De plus, je n'ai jamais mis les roues dans "Prunières" et "Plan de Vitrolles". On dit que cette dernière est très délicate. Bref, si le temps s'adoucissait, ce ne serait pas pour me déplaire !"

Vous avez dominé la course l'an dernier, vous avez été le plus rapide dans les spéciales, vous ne pouvez viser que la victoire.

"Je l'ai dit, je connais mal la première étape, et elle représente la plus grosse part du rallye. Mon sentiment, c'est que la victoire sera difficile à décrocher cette année. Je vais néanmoins faire le maximum. J'ai vite 'digéré' la pénalité qui m'a fait rétrograder l'an dernier, d'autant plus vite que mon objectif d'alors était de montrer ce dont j'étais capable, et que je l'avais atteint. Il n'empêche qu'une victoire cette année aurait une saveur particulière."

Questions à Carlos Sainz.

Avez-vous une connaissance suffisante de la Xsara ? Prenez vous du plaisir à la piloter ?

"Je suis arrivé tardivement, mais tout le monde a mis du sien pour arriver à aligner cette troisième voiture : Citroën, Telefónica et moi même. J'en suis très heureux. J'ai pu apprécier le bon potentiel de la voiture sur asphalte, mais pour l'instant je manque encore de kilomètres pour la connaître à 100%. J'espère prendre confiance encore plus, afin d'aller vite pendant le rallye. De toutes façons, je suis très content d'être au départ du Monte-Carlo avec la Xsara".

Dix podiums, trois victoires : votre parcours au Monte-Carlo est éblouissant. Quel est le secret de cette réussite ?

"En fait, le Monte-Carlo est un rallye que l'on adore ou que l'on déteste. Il est vraiment différent des autres rallyes. Il est important de bien comprendre comment l'aborder. Les choix de pneus et le mental sont cruciaux".

Quels sont les secteurs où va se jouer de Monte-Carlo à venir ? Quelles sont vos chances de vaincre ? Attachez vous une importance au fait de rejoindre, en cas de victoire, les recordmen de l'épreuve ?

"La clé du rallye, c'est le choix des pneus. Sa difficulté dépend des conditions climatiques. Cette année, c'est un peu plus simple, car il n'y a que sept spéciales. Mais si le temps fait des siennes, le choix de pneus devient vraiment important. Je pense commencer le rallye à un rythme où je me sente en confiance, pour faire le plus de kilomètres possible. Si j'ai une chance de vaincre, bien sûr que j'essaierai. Et si je gagne ce sera fantastique, d'autant plus que je l'aurais gagné sur 4 voitures différentes. Mais je suis réaliste, ce sera difficile".

Notes :

La 71e édition du plus ancien rallye du championnat propose un parcours long de 1390,03 km, dont 415,02 chronométrés, répartis en 14 épreuves spéciales.

Les vérifications techniques ont lieu mercredi 22 janvier de 14h30 à 20h30 à Monaco (Route de la Piscine)

Le "shakedown", séance d'essais, se déroule près de Sospel (Col de Castillon - Col St Jean, arrivée sur la D54) le jeudi 23 de 8h à 12h.

Une cérémonie de départ est prévue place du Casino à Monaco jeudi à 18h30.

La première étape, aux alentours de Gap, a pour parc d'assistance l'aérodrome de Tallard et comprend trois spéciales à disputer deux fois chacune. Elle groupe deux tracés modifiés : "Prunières-Embrun", (28,36 km) et "Sélonnet-Bréziers", par le col des Garcinets (22,52 km), puis revient dans la célèbre et redoutée "Plan de Vitrolles-Faye" (47,27 km) dont le deuxième passage sera parcouru de nuit.

L'étape 2, (parc d'assistance sur le port de Monaco) consiste en deux boucles de deux spéciales : le Col de Bleine dans sa version longue, Les 4 Chemins-Sigale (32,11 km), et St Antonin-Tourette du Château (25,11 km).

L'étape dominicale (parc d'assistance sur le port de Monaco) se compose de deux "classiques" reprises deux fois : Sospel-La Bollène Vésubie par le col du Turini (32,58 km) et Lantosque-Lucéram par le col St Roch (19,52 km).

Colin McRae a participé huit fois au Rallye Monte Carlo : 1994 (10e), 1995 (Abandon), 1997 (Ab), 1998 (3e), 1999 (3e puis déclassé), 2000 (Ab), 2001 (Ab), 2002 (4e).

Sébastien Loeb n'a que deux Monte-Carlo à son actif : 2001 (Saxo kit-car, 2e classe A6) et 2002 (Xsara WRC, 2e).

Carlos Sainz compte treize participations : 1989 (Ab), 1990 (2e), 1991 (1er), 1992 (2e), 1993 (14e), 1994 (3e), 1995 (1er), 1997 (2e), 1998 (1er), 1999 (Ab), 2000 (2e), 2001 (2e), 2002 (3e).

Rappel : en 1996, le Rallye Monte-Carlo comptait seulement pour le championnat du Monde "2 Litres".

Les recordmen de l'épreuve, avec 4 victoires, sont J. Trévoux (1934, 1939, 1949, 1951), Sandro Munari (1972, 1975, 1976, 1977), Walter Röhrl (1980, 1982, 1983, 1984) et Tommi Mäkinen (1999, 2000, 2001, 2002).

Citroën s'est imposé deux fois à Monaco. En 1959, avec l'ID19 de Coltelloni- Alexandre-Desrosiers, et en 1966 avec la DS21 de Toivonen-Mikkander.

-citroen-

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Drivers Tommi Makinen , Colin McRae , Carlos Sainz , Sébastien Loeb , Walter Rohrl , Guy Frequelin , Daniel Elena , Derek Ringer , Marc Marti
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