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Michelin Tour de Corse presentation

Championnat du monde des Rallyes 2002 3ème manche : Tour de Corse (8 - 10 mars 2002) L'asphalte pur et dur A peine la saison 2002 lancée, le WRC vient de connaître une trêve exceptionnellement longue. Celle-ci n'a pourtant pas été de ...

Championnat du monde des Rallyes 2002
3ème manche : Tour de Corse (8 - 10 mars 2002)

L'asphalte pur et dur

A peine la saison 2002 lancée, le WRC vient de connaître une trêve exceptionnellement longue. Celle-ci n'a pourtant pas été de trop pour permettre aux équipes d'aiguiser leurs armes en prévision du rendez-vous corse. Car ne nous trompons pas ; malgré ses panoramas imprenables, le tour de l'Île de Beauté fait partie des manches les plus difficiles de l'année. La sinuosité de ses lacets souvent abrasifs est particulièrement exigeante pour les pneus qui jouent régulièrement un rôle crucial, même si, sur sol humide, les gommes sont moins poussées dans leurs derniers retranchements. Ne serait-ce que pour cette raison, les acteurs du Mondial auront les yeux rivés sur le ciel pendant les jours à venir !

Décidément, la météo revêtira toujours une importance particulière en Corse. A l'époque héroïque, lorsque la boucle annuelle de l'île s'organisait à l'automne, les récits de tempêtes dantesques étaient légion. Puis l'épreuve a pris ses habitudes début mai ; le beau temps était souvent au rendez-vous mais les orages isolés et imprévus en montagne compliquaient les choix de pneumatiques.

Cette année, la concentration du rallye autour d'Ajaccio devrait écarter ce type de scénario en assurant des conditions plus homogènes. Mais quitte à être uniformes, elles seront uniformément comment ? Douces, fraîches, sèches, humides ? Et quid de la neige ? Peu probable en basse altitude, elle reste possible sur les reliefs, même si les concurrents ne dépasseront que très rarement les 800 mètres. De plus, Monsieur Météo n'évoque pas des températures très éloignées de la norme saisonnière.

Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : il y aura un vainqueur ce dimanche à Ajaccio, le favori pour la plus haute marche du podium étant Peugeot-Michelin. Auteur de trois doublés "WRC" sur asphalte en 2001, le constructeur pourra compter sur l'un des plus grands spécialistes de ce type de revêtement en la personne de Gilles Panizzi. Mais la concurrence - de toute part - promet d'être rude, d'autant plus que Philippe Bugalski, en l'absence des Citroën-Michelin officielles, a été engagé sur une Xsara-Michelin privée et pourrait bien semer le trouble parmi les formations d'usine.

Du beau sport en perspective donc pour récompenser le travail des organisateurs insulaires qui n'ont eu que cinq mois depuis l'édition 2001 pour mettre sur pied ce 46e Tour de Corse.

Côté technique

Le tour vu par en-dessus...

Revêtement de tous les jours, l'asphalte est pourtant minoritaire en Mondial. Cependant, l'influence de la performance des pneumatiques dits "racing" s'avère souvent décisive au championnat. Longtemps connu sous l'appellation "Rallye des 10 000 Virages", le Tour de Corse nous offre l'occasion de solliciter l'avis d'un acteur incontournable des épreuves routières : l'asphalte lui-même. Entretien exclusif donc avec le 3293ème virage de la prochaine édition de l'épreuve insulaire...

"Les pilotes disent qu'ils arrivent à me prendre plus vite, comme si le rayon de ma courbe était plus grand"

Tout d'abord, qui êtes vous ?

"Pour le vacancier épris de promenades en voiture, je suis un bout d'asphalte anonyme parmi des centaines de kilomètres d'autres. Pour les pilotes de rallye, je suis un passage bien connu du Tour de Corse, un virage notoirement exigeant dans la descente d'un col célèbre. Précisons aussi que je bénéficie d'un revêtement "nouvelle génération" comme on en trouve de plus en plus sur l'île. Au fil des ans, les anciens enrobées lisses et parfois en mauvais état se sont vus recouvrir par des revêtements plus rugueux favorisant l'adhérence et l'évacuation de l'eau. A ce sujet, vu la date avancée de l'épreuve, la pluie, voire la neige, pourrait me rendre particulièrement piégeux cette année."

Vous connaissez bien les rallyes ?

"Et comment ! Depuis quarante ans, les pneumatiques des meilleurs pilotes du monde ont effleuré mes aspérités. Moi, c'est par mon lien avec la gomme que je vis la course. C'est justement par ces quatre aires de contact, à peine plus grands que la paume d'une main, que passe toute la puissance des bolides. C'est ce même lien qui doit également compenser les poussées latérales considérables - jusqu'à 2G ! - générées lors des appuis les plus forts. Les cailloux et le liant de mon enrobée doivent sacrément se serrer les coudes pour résister !".

Qu'est-ce qui vous différencie de vos homologues du Rallye Monte-Carlo ?

"Les contraintes que l'asphalte et les virages corses font subir aux pneumatiques sont parmi les plus élevées du championnat. Plus qu'ailleurs, nous poussons les enveloppes dans leurs derniers retranchements. Dit autrement, nous permettons aux pneus de révéler tout leur potentiel. Favorable à l'adhérence, la rugosité de notre revêtement associée aux trajectoires de plus en plus tirées au cordeau - façon circuit - exigent des gommes et des constructions particulièrement sophistiquées pour assurer un niveau de performance élevé sur toute la longueur d'un groupe de spéciales, notion qui a justement joué un rôle déterminant au Monte-Carlo."

Avez-vous pu constater cette percée technologique par vous-même ?

"Depuis ma situation privilégiée, j'ai pu observer que les "passages" les plus efficaces ont un rapport direct avec la sensation que j'éprouve lorsque les gommes sont parfaitement en osmose avec moi. Vous savez, il m'est déjà arrivé d'être de service lors d'essais privés où les ingénieurs cherchent à optimiser la liaison au sol de leur machines. La priorité est effectivement d'harmoniser la façon dont pneus et suspensions travaillent ensemble, surtout depuis l'arrivée de la génération "FP" des "racing" Michelin. Il paraît même que les pilotes disent qu'ils arrivent à me prendre plus vite, comme si le rayon de ma courbe était plus grand depuis l'arrivée des "FP" en 1999 !"

-michelin-

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Series WRC
Drivers Gil de Ferran , Philippe Bugalski
Teams Citroën World Rally Team