Welkom ?preuve

<pre> Grand Prix d'Afrique du Sud - Circuit Phakisa, Welkom 20/21/22 avril 2001 </pre> WELKOM : NAISSANCE DU MYTHE 16.5 ! Après un Grand Prix du Japon haletant, c'est en Afrique du Sud que le championnat du monde 500 se poursuit.

<pre> Grand Prix d'Afrique du Sud - Circuit Phakisa, Welkom 20/21/22 avril 2001

</pre> WELKOM : NAISSANCE DU MYTHE 16.5 !
Après un Grand Prix du Japon haletant, c'est en Afrique du Sud que le championnat du monde 500 se poursuit. Cette course est l'une des plus exigeantes pour Michelin.

C'est aussi une épreuve qui est déjà entrée dans l'histoire Michelin. En effet, c'est à Welkom l'an dernier que Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) a remporté son premier Grand Prix 500, amenant les autres pilotes à s'intéresser de beaucoup plus prêt au pneu arrière 16.5 de Michelin. Victimes du style ultra agressif de l'Australien, ses adversaires ont eu envie d'essayer ce pneu novateur. Depuis, c'est devenu la monte de choix du championnat.

Il y a deux semaines, au Japon, McCoy s'est offert la deuxième place d'un Grand Prix remporté par Valentino Rossi (Nastro Azzurro Honda-Michelin). Une victoire historique pour Honda, qui signait là son 500e succès en championnat du monde. Honda et Michelin sont partenaires depuis longtemps et l'an dernier, c'est Honda qui avait aidé Michelin à inscrire une page importante de son histoire. Le manufacturier de pneus avait en effet atteint les 250 victoires en catégorie 500 grâce à la première place d' Alex Crivillé (Repsol YPF Honda-Michelin) au Mans. Bien entendu, Michelin est engagé dans un partenariat technique avec l'ensemble des équipes officielles de la 500. Un partenariat qui sert toujours les deux parties. Fin 2000, c'est grâce à Suzuki et au titre de Kenny Roberts (Telefonica Movistar Suzuki-Michelin) que Michelin a empoché son 20e titre de champion du monde 500. Chez Yamaha, c'est le titre constructeur qui venait couronner l'association avec Michelin.

LES PILOTES ET LA PISTE
L'an dernier, le Grand Prix d'Afrique du Sud a vu la naissance d'une nouvelle star de la 500 - Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin). L'Australien a remporté son premier Grand Prix 500 en mars dernier. Son style - il exploite la formidable puissance de sa machine en provoquant puis contrôlant la glisse du pneu arrière - était jusqu'alors considéré comme caduque. Il avait pourtant fait la gloire de champions du monde Michelin comme l'australien Wayne Gardner (Rothmans Honda-Michelin) ou les américains Wayne Rainey (Marlboro Yamaha Team Roberts-Michelin) et Kevin Schwantz (Lucky Strike Suzuki-Michelin).

A l'époque, la puissance des moteurs dépassait les capacités des châssis et des pneus. Pour aller vite au guidon d'une 500, il n'y avait donc qu'une solution : faire patiner le pneu arrière pour forcer la moto à mieux tourner en s'aidant du phénomène de contre-braquage. Mais les progrès conséquents réalisés par Michelin ont permis à une nouvelle génération de pilote 500 de revenir à un style de pilotage plus classique - les deux roues bien dans l'axe en virage - en exploitant au mieux les grandes qualités d'adhérence des pneus Michelin. Le quintuple champion du monde 500 Mick Doohan (Repsol Honda-Michelin) restait l'un des seuls à maîtriser le pilotage en glisse mais c'est dans la vitesse de passage en courbe qu'il faisait la différence. Du coup, être un adepte des techniques de dirt-track n'apparaissait plus comme une obligation pour ceux qui visaient la gagne en 500.

C'était avant McCoy. Après une carrière en speedway et des débuts en Grands Prix 125 qui lui avaient déjà permis de découvrir la plus haute marche du podium, McCoy fut invité à remplacer un autre pilote dans une équipe 500 de pointe en plein milieu de la saison 1999. Très vite, ce pilote aussi discret dans la vie que sauvage sur une moto comprenait que c'est en faisant glisser l'arrière de son V4 d'usine qu'il irait vite. Son problème : trouver un pneu capable de convenir à son style. La solution : le 16.5 pouces de Michelin. McCoy eut le courage d'aller à contre-courant en optant pour cette dimension alors que la grande majorité des pilotes 500 préféraient le 17 pouces. Mais McCoy avait trouvé avec le 16.5 un pneu au profil suffisamment différent pour être le parfait complément de son pilotage atypique. Sur l'angle maxi, le 16.5 est plus large et donne donc une meilleure adhérence.

"Le 16.5 me donne plus de grip sur l'angle maxi au milieu du virage, juste à l'endroit et j'ai besoin de remettre les gaz,"explique McCoy."Le profil du 17 est plus plat ce qui fait qu'il y a moins de gomme en contact avec le bitume lorsque la moto est vraiment bien penchée."

En passant au 16.5 à Welkom, McCoy a pris ses adversaires par surprise."Ils ont pensé que c'était une blague,"se rappelle-t-il. Sa victoire lui a permis de se hisser au rang des favoris de la catégorie, mais McCoy n'aime pas trop penser au passé. Ce qui compte pour lui aujourd'hui, c'est le titre."Peu importe ma victoire de l'an dernier. La situation au niveau des pneus est maintenant très différente donc la course de cette année sera aussi très différente. J'ai hâte d'y être. Ca devrait être intéressant."

McCoy ayant gagné avec le 16.5 (qui avait été porté à la victoire pour la première fois par Kevin Schwantz en 1994), les autres pilotes ont voulu l'essayer. Dès la mi-saison, c'est une grosse partie du plateau qui utilisait ce pneu qui chauffe moins et permet donc de garder un grip plus important sur la totalité d'une course. Certes, pour McCoy, l'adhérence n'a pas l'air de beaucoup compter. Il aime sentir la moto glisser, mais sa maîtrise est bien sûr nettement supérieure à l'impression que peuvent donner les images télé.

"Lorsque la moto part en milieu de virage, ça me permet de la faire tourner bien plus vite,"explique-t-il."Les gens oublient qu'il y a sept ans, tous les bons pilotes faisaient comme ça. Certains me disent que je serais plus efficace si je faisais moins glisser la moto mais ce n'est pas comme ça que je me sens à l'aise. A l'entrée d'une courbe, mon style fait que l'arrière de ma moto a déjà tendance à"s'alléger"donc la glisse devient naturelle. Parfois, je mets la moto en travers dans le virage et avant même qu'elle ait eu le temps de se remettre en ligne, j'ai déjà accéléré et j'ai passé tout le virage avec l'arrière en glisse. C'est super comme sensation !"

L'an dernier, McCoy a gagné trois Grands Prix et son style lui vaut aujourd'hui une grande popularité chez des fans de moto qui n'avaient plus vu ça depuis des années. Il n'en fallait pas plus pour faire de lui l'un des grands favoris pour le titre 2001. Pourtant, McCoy n'était pas certain de pouvoir bien figurer sur des tracés comme Suzuka, qui accueillait le premier Grand Prix de la saison il y a deux semaines.

"Je n'apprécie pas particulièrement Suzuka,"reconnaît-il."Donc si je suis capable d'y terminer deuxième, on peut penser que Welkom sera vraiment un bon circuit pour moi. Quitter le Japon avec les points de la deuxième place c'était super. Je n'avais jamais rien fait de bien là-bas auparavant, même pas en 125. Il n'y a que des virages rapides et on est constamment sur l'angle maxi donc je ne peux pas accélérer aussi tôt que je le souhaite. Welkom a des virages plus serrés où je vais pouvoir rentrer et sortir en glisse !"

"Mais tout sera très différent cette année car tout le monde utilise les 16.5 maintenant. Donc la différence se fera plus sur le choix de gomme. Généralement, j'arrive à rouler avec des pneus plus tendres que les autres. A Suzuka, j'ai utilisé les 16.5 les plus tendres possible pendant tout le week-end et ça m'a bien servi. Mais Welkom est un circuit très différent. L'an dernier, j'y ai utilisé un pneu arrière à gomme plutôt dure, ce qui est très inhabituel pour moi."

McCoy espère que Welkom ne sera pas trop poussiéreux comme c'était le cas lors du premier Grand Prix à être organisé sur ce circuit en 1999."Les gens pensent que ce type de condition m'avantage parce que j'aime glisser avec la moto, mais c'est faut. Si tout le monde glisse, ça veut dire que je glisse deux fois plus que les autres !"

Impressionnant à Suzuka et en tête du championnat après sa victoire japonaise, Rossi sera à nouveau l'un des plus dangereux adversaires de McCoy à Welkom."J'aime ce circuit,"lance Rossi."Il faudra voir quelles sont les conditions de la piste et le niveau de poussière. C'est fantastique de gagner au Japon. La moto est vraiment très bonne cette année. L'an dernier, j'ai dit à Honda que je voulais soit plus de motricité, soit la possibilité de mieux contrôler la glisse sur la nouvelle moto. Les ingénieurs m'ont donné un meilleur contrôle et ça rend la moto plus facile à piloter."

LES PNEUS MICHELIN A WELKOM
Les techniciens Michelin considèrent Welkom comme l'un des circuits les plus exigeants pour un pneu de course. Par la nature de son tracé et sa situation géographique, le circuit sud-africain a de quoi occuper les troupes du manufacturier pendant la totalité du week-end de Grand Prix.

Comme un grand nombre de circuits modernes, Welkom ne sollicite pas les deux côtés d'un pneu de la même manière. Le circuit compte neuf virages à droite et cinq virages à gauche. Jusque là, rien de très inhabituel. Mais ce sont les deux virages à droite très rapides peu avant la ligne d'arrivée qui sont durs pour les pneus arrière. Un pilote s'y retrouve plein angle à plus de 200 km/h et doit contrôler les glisses de la roue arrière à l'aide de la poignée de gaz.

De plus, Welkom étant situé sur un plateau, le vent a tendance à amener de la terre et de la poussière sur la piste. Lors des deux premiers Grands Prix courus à Welkom, en octobre 1999 et mars 2000, ce phénomène a posé problème. La poussière nuit à l'adhérence, provoquant des glisses. Elle use aussi le pneu plus rapidement en agissant comme du papier de verre contre lui.

L'autre problème est que la poussière fait changer les conditions de piste très rapidement. En 1999 et en 2000, plus il y avait de pilotes qui roulaient dessus, plus la piste s'est nettoyée... au point de générer des écarts de six secondes au tour entre le début et la fin du week-end ! En fait, on peut dire qu'à chaque séance, les pilotes découvrent un nouveau circuit. Il revient donc aux pilotes, aux équipes et aux ingénieurs Michelin d'extrapoler pour tenter de mieux jauger les conditions de la piste. Voilà qui ne facilite bien évidemment pas le choix du pneu pour la course.

"C'est un circuit difficile, pour les pilotes comme pour nous,"confirme Nicolas Goubert, responsable Michelin Compétition Moto."Le vrai cauchemar c'est la façon dont la piste change à chaque séance... et entre samedi et le jour de la course."

Même si les pneus de 17 pouces seront disponibles, le 16.5 arrière devrait être très demandé à Welkom. La plupart des pneus utilisés à Welkom sont des bi-gommes, avec un côté droit plus dur pour ces deux virages rapides. Mais la différence entre les deux flancs du pneu n'est pas aussi prononcée que pour Phillip Island, où le flanc gauche est nettement plus martyrisé que le droit.

"Welkom est un circuit difficile pour le pneu avant et le pneu arrière,"précise Goubert."Nous y utilisons des carcasses dures et les pilotes sont contraints d'utiliser des pneus avant durs. Mais plus le pneu est dur, moins son niveau d'adhérence est élevé. Et moins il y a de grip, plus la moto est difficile à tourner. Les pilotes qui préfèrent vraiment les pneus tendres peuvent avoir du mal à Welkom."

"Le 16.5 est vraiment bien pour ce tracé. C'est une des raisons de la victoire de Garry l'an dernier. Mais la plupart de nos pilotes utiliseront des 16.5 cette année. Pourtant, malgré son style tout en glisse, nous constatons souvent que Garry fait moins chauffer ses pneus que les autres pilotes. C'est surtout la vitesse et le poids qui font chauffer un pneu. Comme Garry est très léger, il est avantagé. Puis sa façon de faire glisser l'arrière ne fait pas chauffer le pneu car ce dernier ne chauffe qu'en surface. Or c'est quand l'intérieur d'un pneu chauffe qu'il s'use. Dernier point, Garry ne garde pas la moto penchée très longtemps et ça aussi, ça aide à éviter la chauffe du pneu."

MICHELIN ET LES PNEUS DE QUALIFICATION
Après avoir consulté l'ensemble du plateau, Michelin a décidé de retirer ses pneus de qualification.

"La plupart des pilotes et des équipes considèrent que ces pneus ne font que compliquer les choses,"explique Jacques Morelli, Directeur des Grand Prix Michelin."Nous les avons proposé l'an dernier, suite aux demandes d'un ou deux pilotes qui ont des styles spéciaux et qui préfèrent des pneus très tendres pour les qualifications. Mais nous avons vite compris que la plupart des pilotes préfèrent notre système traditionnel. En plus, nous estimons que des pneus qui ne tiennent qu'un tour ne sont pas vraiment très équitables. Un pilote peut se faire ralentir et ainsi voir son meilleur tour gâché. Nous préférons proposer une gamme de gommes tendres, qui tiennent disons quatre ou cinq tours et qui donnent une meilleure chance aux pilotes de réaliser un bon temps. Nous pensons que ce système est le plus facile à gérer pour tous."

"C'est un problème difficile, parce que le pneu tendre d'un pilote équivaut peut-être au pneu qualif d'un autre. L'an dernier, nous avons constaté qu'avec certains pilotes, nos pneus de qualif ne tenaient qu'un tour tandis qu'avec d'autres, il allait jusqu'à dix tours ! Cette année, nous allons accroître notre gamme de gommes tendres en travaillant avec quelques uns des nouveaux venus en 500 qui apprécient les pneus tendres."

<pre> Welkom

Record du tour Sete Gibernau (Repsol Honda-Michelin) 1'36''554/158.162 km/h (1999). Pole position 2000 Sete Gibernau (Repsol Honda-Michelin) 1'36''933.

Les derniers vainqueurs du GP d'Afrique du Sud 1999 Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team-Michelin) 45'24''602/156.938km/h 2000 Garry McCoy (Red Bull Yamaha WCM-Michelin) 45'38''775/156.125km/h

Classement provisoire au championnat

Rider Nat Points JPN 1 ROSSI VALENTINO ITA 25 25 2 McCOY GARRY AUS 20 20 3 BIAGGI MAX ITA 16 16 4 ABE NORICK JPN 13 13 5 NAKANO SHINYA JPN 11 11 6 BARROS ALEX BRA 10 10 7 ROBERTS KENNY USA 9 9 8 CAPIROSSI LORIS ITA 8 8 9 CRIVILLE ALEX SPA 7 7 10 CHECA CARLOS SPA 6 6 11 GOORBERGH J VD NED 5 5 12 AOKI HARUCHIKA JPN 4 4 13 HASLAM LEON GBR 3 3

Partenaires Michelin Catégorie 500cc

 1- Telefonica Movistar Suzuki  K. Roberts
15- Telefonica Movistar Suzuki  S. Gibernau
 3- Marlboro Yamaha Team        M. Biaggi
 7- Marlboro Yamaha Team        C. Checa
 5- Red Bull Yamaha WCM         G. Mc Coy
41- Red Bull Yamaha WCM         N. Haga
19- Gauloises Yamaha TECH3      O. Jacque
56- Gauloises Yamaha TECH3      S. Nakano
 6- Antena Tre  Yamaha d' Antin N. Abe
10- Antena Tre  Yamaha d' Antin J.L  Cardoso
28- Repsol YPF Honda Team       A. Crivillé
11- Repsol YPF Honda Team       T. Ukawa
46- Nastro Azzuro Honda         V. Rossi
 4- West Honda Pons             A. Barros
65- West Honda Pons             L. Capirossi
 8- Shell Advance Honda         C. Walker
 9- Shell Advance Honda         L. Haslam
33- Telefonica Movistar Suzuki  A. Ryo

Private Teams 17- Proton Team KR J. vd Goorbergh 12- Arie Molenaar Racing H. Aoki 68- Pulse GP M. Willis 24- Pulse GP J. Vincent 14- Dee Cee Racing team M. Payten 21- Dee Cee Racing team B. Veneman 16- Sabre Sport J. Stigefelt

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Series MotoGP
Drivers Kevin Schwantz , Max Biaggi , Garry McCoy , Valentino Rossi , Alex Criville , Sete Gibernau , Kenny Roberts , Wayne Rainey , Wayne Gardner , Mick Doohan , Phillip Island