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MICHELIN VISE LE CARTON PLEIN A VALENCE Michelin a tout gagné cette année. Une domination sans faille qui dure depuis déjà un moment puisque Michelin est resté invaincu pendant les trois dernières saisons du championnat 500. Un nouveau ...

MICHELIN VISE LE CARTON PLEIN A VALENCE

Michelin a tout gagné cette année. Une domination sans faille qui dure depuis déjà un moment puisque Michelin est resté invaincu pendant les trois dernières saisons du championnat 500. Un nouveau championnat a vu le jour en 2002, le MotoGP. Sa première sai son a été fascinante et elle prend fin ce week-end, à Valence. Seize courses au plus haut niveau de la compétition motocycliste et, pour Michelin, une seizième victoire possible.

Le titre, lui, est déjà acquis à Michelin. Valentino Rossi (Repsol Honda Team RC211V-Michelin) a offert la couronne au manufacturier français en devenant le premier champion MotoGP à l'issue du GP de Rio, le mois dernier. C'est la 22ème couronne pour Miche lin, la 11ème consécutive, en 27 années de participation à la catégorie reine. Depuis le début de l'année, les pilotes Michelin ont pris 44 des 45 places sur le podium et 52 des 60 en première ligne. Ils occupent par ailleurs les dix premières positions du classement provisoire. Le vice-champion sera donc forcément un pilote Michelin, même si deux hommes peuvent encore revendiquer cette 2ème place, Tohru Ukawa (Repsol Honda Team RC211V-Michelin) et Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team YZR-M1-Michelin).

Tous les pilotes Michelin ont profité de la performance du S4, le pneu arrière conçu pour les quatre-temps mais qui s'est révélé tout aussi adapté aux 500 deux-temps. Développé à partir du Michelin 16,5 pouces, qui marquait déjà une avancée considérable da ns la technologie du pneumatique, le S4 donne encore plus d'adhérence et de motricité. Et comme sa température de fonctionnement est moins élevée, il dure encore plus longtemps.

LES PILOTES ET VALENCE

Pour Sete Gibernau (Telefonica Movistar Suzuki GSV-R-Michelin) et Kenny Roberts Junior (Telefonica Movistar Suzuki GSV-R-Michelin), ce GP de Valence est celui de la dernière chance. C'est en effet leur dernière occasion de faire gagner la nouvelle Suzuki V 4 quatre-temps dès sa première saison. Ils ont de bons souvenirs de cette épreuve puisque l'an dernier, au guidon de la RGV500 deux-temps, Gibernau l'avait gagné tandis que Roberts terminait 3ème.

Mais 2002 a été difficile pour l'équipe Suzuki. Le développement de la GSV-R a démarré un an plus tard que celui de ses rivales, les Honda RCV et Yamaha M1. Suzuki devait à l'origine poursuivre avec la RGV cette année et ne pas faire débuter la GSV-R avant 2003. Le programme a finalement été avancé de plusieurs mois, la GSV-R prenant la piste pour la première fois en janvier dernier, seulement trois mois avant la première course MotoGP.

La tâche de Gibernau et de Roberts a été rendue encore plus difficile par le fait d'avoir débuté la saison avec un manufacturier de pneus autre que Michelin. Ils sont néanmoins vite revenus aux pneus français et depuis, ils ont pu briller à certaines occas ions. Ainsi sous une pluie battante, Gibernau a-t-il mené le GP du Portugal jusqu'à sa chute à 3 tours de la fin tandis qu'au Brésil, Roberts montait sur le podium pour la première fois de la saison.

" On en a bavé mais c'est inévitable quand on cumule le développement et la course, " souligne Gibernau. " D'ailleurs, avec un peu plus de chance nous aurions pu gagner et monter sur quelques podiums supplémentaires. Mais je crois vraiment en ce projet qua tre-temps et après un hiver entier de travail, je pense que nous serons compétitifs. "

Depuis leur retour chez Michelin en mai, à l'occasion du GP d'Espagne, Gibernau et Roberts ont au moins pu compter sur les pneus Champions du monde. Les deux pilotes Suzuki disposent des mêmes pneus que tous les partenaires Michelin.

" Michelin a accompli un travail exceptionnel sur leurs pneus quatre-temps, " poursuit Gibernau. " Ces pneus sont en constante amélioration. Le feeling et le retour d'information progressent sans arrêt et pour nous, c'est une aide précieuse. Et pourtant, l es quatre-temps sont plus durs avec les pneus que les deux-temps. Ce sont des motos plus lourdes, plus rapides et plus puissantes. Aucun doute, Michelin a une longueur d'avance sur les autres fabricants de pneus. "

Gibernau travaille pour rendre sa moto aussi performante que possible. " J'ai compris le fonctionnement du quatre-temps maintenant. Notre seul vrai problème reste le frein moteur. Un quatre-temps est plus efficace en sortie de virage parce que la puissance est plus facile à contrôler et c'est donc une phase moins délicate que sur un deux-temps. "

Ce week-end, Gibernau rêve bien sûr de rééditer sa victoire de l'an dernier, un moment inoubliable pour lui - son premier succès en catégorie reine. " J'aime cette piste. Elle n'a rien de spécial mais je roule à domicile donc pour moi ça le devient, " expl ique l'Espagnol. " J'ai besoin d'un bon résultat et je sais ce qu'il faut faire pour gagner à Valence. Il ne me reste donc qu'à y arriver ! "

" Valence fait partie de ces circuits où chaque virage est important. Tous comptent et il faut être efficace partout. Il n'y a pas d'endroit qui permet de rattraper quelques dixièmes d'un coup. C'est dixième par dixième qu'il faut construire son temps. Il faut pouvoir compter sur le pneu avant parce qu'il y a de gros freinages avec tous ces virages serrés. Et il faut de la motricité pour bien ressortir de ces virages. "

MICHELIN ET VALENCE

Michelin est invaincu à Valence. Depuis le premier GP organisé sur ce nouveau circuit, en 1999, toutes les victoires, pole positions et records du tour sont revenus à Michelin. Cette piste est la plus courte et l'une des plus lentes de la saison. Longue se ulement de 4,005 kilomètres, Valence n'en est pas moins un condensé de difficultés qui cumule 14 virages sur une aussi courte distance.

Ce circuit est donc caractérisé par ses virages très serrés et sa courte ligne droite des stands. Pour y aller vite, les rapports de boîte doivent être réglés très courts ce qui a tendance à augmenter le côté " vicieux " des motos de GP à l'accélération. V alence tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ce qui est rare pour un circuit de vitesse et qui ajoute donc à sa complexité. Le circuit compte neuf virages à gauche et seulement cinq à droite. Le pneu a donc tendance à chauffer beaucoup pl us à gauche et les pilotes doivent garder ce déséquilibre à l'esprit à chaque fois qu'ils abordent un virage à droite.

" C'est surtout vrai dans le virage numéro quatre, " précise Emmanuel Fournier, le responsable Michelin Grand Prix. " Lorsqu'un pilote y arrive, le côté droit de ses pneus n'a plus vraiment été sollicité depuis le virage onze du tour précédent. Notre prior ité ici est donc de donner à nos pilotes des pneus qui sauront résister aux nombreux virages à gauche tout en restant suffisamment performants pour les droits. Nous avons plusieurs solutions qui fonctionnent bien et nous avons déjà effectué des essais ici cette année, lors des essais IRTA de février et avec le HRC au mois d'août. "

" Comme Valence est un circuit fait de nombreux petits virages, nos pilotes cherchent surtout à obtenir une moto maniable. Il sera peut-être plus difficile pour les quatre-temps de battre les deux-temps ici. L'avant compte beaucoup parce que, comme la plup art des virages sont serrés, les pilotes y rentrent fort sur les freins et sollicitent donc beaucoup l'avant. Certains essayeront peut-être des jantes plus étroites, ce qui permet d'obtenir un profil de pneu plus " tranchant " et donc une meilleure agilité " La plupart des pilotes MotoGP se limitent à deux tailles de jantes arrière, 6 et 6,25 pouces (le maximum autorisé par le règlement). A l'avant, ils peuvent choisir entre des 3,5 ou 3,6 pouces et même parfois pousser jusqu'à 3,7 ou 3,75 pouces. Ces différences de taille peuvent paraître négligeables mais même un dixième de pouce (2,5 mm) de différe nce en largeur peut avoir un effet sur le comportement de la moto.

Pour régler au mieux une moto, il faut donc savoir choisir la taille de jante la plus adaptée, faire le tri entre les différents types de carcasses et de gommes pour les pneus et enfin trouver le meilleur des multiples réglages de suspension et de géométri e disponibles. C'est un sacré défi qui demande une expertise sans faille de la part des ingénieurs et un jugement précis de la part des pilotes.

" Même si la plupart des virages sont courts, il faut quand même un bon niveau de grip ainsi qu'une bonne motricité sur l'angle, " ajoute Fournier. " Le caractère des moteurs quatre-temps permet en effet aux pilotes d'accélérer très tôt en sortie de virage Il y a aussi des virages longs à Valence, comme le gauche en montée vers la fin du tour ou le virage numéro 13, un gauche très long qui se resserre. Puis il y a le dernier virage. Là c'est tout le contraire du dernier gauche rapide de Phillip Island. A V alence, le dernier virage se resserre vraiment et il faut donc un pneu avant avec une carcasse très rigide pour pouvoir freiner fort sur l'angle. "

" Nous n'aurons rien de vraiment neuf à Valence mais nous disposerons des dernières évolutions des pneus MotoGP que nous avons développé tout au long de la saison, avec des types de carcasses et de gommes adaptés aux exigences de cette piste. "

Les spécialistes Michelin travaillent sans relâche toute l'année pour permettre au manufacturier français de garder sa place de leader incontesté dans la conception et la fabrication de pneus haute performance. Il n'est donc pas vraiment étonnant d'apprend re que l'équipe Michelin Grand Prix ne prendra que deux petites journées de vacances avant de commencer les essais d'intersaison à Valence avec la nouvelle Ducati Desmosedici V4 !

-michelin-

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