GP d'Assen rapport preliminaire de Michelin

ASSEN - LE PLUS DUR POUR LES PILOTES C'est presque la mi-saison. Et c'est une épreuve mythique qui se prépare. Assen est un circuit à part - un véritable temple de la moto qui est d'ailleurs surnommé "la cathédrale". C'est le seul ...

ASSEN - LE PLUS DUR POUR LES PILOTES

C'est presque la mi-saison. Et c'est une épreuve mythique qui se prépare. Assen est un circuit à part - un véritable temple de la moto qui est d'ailleurs surnommé "la cathédrale". C'est le seul circuit actuellement au calendrier qui en faisait déjà partie en 1949, lorsque le championnat est né. Et c'est le seul qui reste basé sur un tracé routier.

Pour Valentino Rossi (Repsol Honda Team RC211V-Michelin), la grande star du championnat et le vainqueur de 5 des 6 épreuves déjà disputées, Assen est le plus exigeant des GPs. Son grand rival Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team YZR-M1-Michelin), vainqueur à Assen l'an dernier, pense aussi que le GP de Hollande n'est jamais une course comme les autres.

Rossi a gagné à Catalunya il y a deux semaines et Biaggi y a signé la 1ère pole de la M1. Après cette course, ils sont restés sur place en compagnie d'autres pilotes Michelin pour tester les derniers pneus de développement Michelin. Ces pneus seront bientôt utilisés en course dans l'espoir de prolonger la domination qu'exerce actuellement Michelin en MotoGP. Pour l'instant, le succès du manufacturier français est total - 6 victoires, 6 meilleurs tours et 6 poles en 6 GPs ! Il faut dire que Michelin a gagné les 10 derniers championnats du Monde 500 ainsi que les 8 derniers titres en mondial Superbike. A Assen, Michelin a remporté 16 des 18 derniers GPs 500.

ASSEN ET LES PILOTES

Quand il donne son avis, on a tendance à l'écouter. Alors si Valentino Rossi considère Assen comme le circuit le plus difficile du championnat, c'est sûrement vrai. Le champion en titre a bien failli gagner la course l'an dernier. Il avait déjà gagné à Assen en 125 en 1997 et en 250 l'année suivante. Comme ses adversaires, Rossi pense que Assen est un circuit unique.

"S'il est si difficile, c'est surtout parce qu'on ne va jamais tout droit et il est donc impossible d'aligner deux tours identiques," explique l'actuel leader du championnat. "Même les lignes droites ne sont pas droites ! On est constamment en train de tourner. Hoge Heide est l'un des virages les plus difficiles au monde. On sort d'un double droite (Duikersloot), on accélère pour un droite rapide (Meeuwenmeer) qui n'est déjà pas facile puis il faut virer dans Hoge Heide sans pouvoir accélérer ce qui fait que la moto est très lourde. Puis on doit freiner pour un gauche rapide. Tout cela est très, très difficile. "

"Je crois que ce sera aussi très difficile avec les quatre-temps parce que je ne sais pas s'il sera possible d'exploiter toute la puissance de la RCV. Déjà avec la 500 il était impossible d'utiliser toute la puissance. Assen est un circuit vraiment bizarre parce qu'on est jamais en ligne droite. Il n'y a jamais ce moment où on peut se dire 'ouf, voilà une ligne droite je vais pouvoir me reposer un peu'. On sera plus rapide que les 500 à la condition de pouvoir exploiter toute la puissance des quatre-temps.."

Le tracé d'Assen a été modifié cette année afin d'améliorer les infrastructures du paddock. La piste a été raccourcie de 22 mètres. Max Biaggi, qui avait battu Rossi à Assen l'an dernier, est lui aussi sous le charme de cet endroit atypique.

"Assen est un circuit aussi étrange qu'agréable," avance l'Italien. "Le revêtement est l'un de ceux qui offrent le plus de grip. Mais à Assen comme partout ailleurs, les pneus ont une grande importance."

Comme les autres pilotes qui ont eu la chance de pouvoir goûter à la nouvelle génération de pneus Michelin, Biaggi l'adore. Surtout le S4 arrière de 16,5 pouces. Ce pneu, étudié pour encaisser la puissance (plus de 200 chevaux) des nouveaux quatre-temps, a une empreinte plus large qui contribue à maximiser le grip sur l'angle. C'est ce pneu qui a tout remporté (victoires, poles et records du tour) en MotoGP cette année. "Le travail réalisé par Michelin sur ces pneus est vraiment excellent, " poursuit Biaggi. " Mais ils ont toujours été particulièrement forts en développement. Leurs produits m'ont toujours inspirés une grande confiance. "

"Pour Assen, nous utilisons généralement des gommes et des carcasses plutôt médium. Ici la plus grosse inquiétude c'est toujours la météo. Elle peut être très changeante, ce qui peut sérieusement diminuer le temps d'essais et donc de mise au point sur le sec. Et vu la complexité de cette piste, chaque minute de mise au point compte."

Biaggi n'a rien contre le profile bombé de cette piste. C'est là une autre spécificité d'Assen puisque la plupart des pistes sont plates tandis que la piste hollandaise est bombée - comme une route - afin d'évacuer l'eau par temps de pluie. Cette année, la piste a pourtant changé puisque la surface a été refaite.

Cette piste bombée force quand même les pilotes à affronter une surface qui n'est jamais constante. A Assen, négocier un virage c'est toute une aventure. Les pilotes freinent à l'extérieur du virage sur une piste en dévers. Puis ils traversent cette piste à l'endroit où elle est le plus bombée pour ensuite revenir à l'extérieur lorsqu'ils remettent les gaz en sortie. C'est pour ça que les trajectoires doivent être parfaites. Il faut savoir dompter ces difficultés pour réussir de bons temps.

"Cette piste bombée ne me dérange pas," avoue Biaggi. "C'est un type de piste différent et il faut donc adapter son pilotage, mais pour moi ce n'est jamais un problème. C'est la dernière partie du circuit que je préfère - à partir du double droite, puis le droite rapide qui suit et enfin le très difficile Hoge Heide. C'est vraiment amusant comme enchaînement et c'est aussi important parce qu'on peut y gagner beaucoup de temps."

MICHELIN ET ASSEN

Depuis 1984, à l'exception de deux, Michelin a gagné tous les GPs en catégorie reine à Assen ! Le géant du pneu a notamment signé les dix dernières victoires consécutives en 500. Avec l'entrée en lice des quatre-temps, le but pour Michelin est bien entendu de poursuivre dans cette voie.

Sur cette piste qui ne ressemble à aucune autre, les pilotes, les motos et les pneus doivent être à la hauteur. Vu les résultats obtenus par Michelin à Assen, il ne fait aucun doute que les pneus français sont tout à fait aptes à affronter les difficultés de la piste hollandaise. Mais cette année, il faudra également composer avec un nouveau revêtement.

"Pour nous, Assen c'est l'inconnu cette année," explique Emmanuel Fournier, le responsable Michelin Grand Prix. "Nous n'y avons pas effectué d'essais donc nous y venons avec une gamme de pneus plus importante que d'habitude. C'est toujours ce que nous faisons quand nous allons sur un circuit que nous ne connaissons pas ou dont le revêtement a changé. En amenant davantage de pneus, du tendre au plutôt dur, nous espérons parer à toutes les éventualités."

"Jusqu'à maintenant nous utilisions plutôt des pneus tendres à Assen parce que l'ancien revêtement donnait beaucoup de grip sans être trop abrasif. Au niveau carcasse, la norme était plutôt au médium. Mais on verra comment cela se passe cette année dès les essais jeudi et vendredi."

Malgré la domination qu'exerce Michelin sur la MotoGP depuis le début de l'année, les ingénieurs et les chimistes du groupe continuent de chercher d'autres moyens de gérer la puissance de plus en plus impressionnante des quatre-temps avec le S4. Ainsi une séance d'essais à été organisée à Catalunya après le GP , il y a deux semaines. De tous les pilotes Michelin du plateau, seuls Tohru Ukawa (Repsol Honda Team RC211V-Michelin), Daijiro Kato (Fortuna Honda Gresini NSR500-Michelin) et Alex Barros (West Honda Pons NSR500-Michelin) n'ont pu y participer car ils étaient attendus au Japon pour des essais sur les Honda SP-2 de Superbike qu'ils piloteront - toujours avec Michelin - aux Huit Heures de Suzuka en juillet.

"Nous avons testé un nouveau type de S4 qui semble avoir un bon potentiel," confie Fournier. "Nous espérons que ce pneu va nous permettre d'aller encore plus loin dans la performance. Sa carcasse et le type de gomme qu'il utilise sont différents. Disons que ce pneu est une nouvelle extrapolation du concept S4^Å un pas de plus dans la même direction. A Catalunya, nous avions aussi des pneus avants avec une nouvelle carcasse, que nos pilotes ont appréciés. Ces pneus seront disponibles très bientôt."

"Nous allons continuer à appliquer notre politique de lier notre développement aux besoins spécifiques de nos pilotes, puis de permettre à tous de profiter de ce développement. De manière générale, si une équipe nous demande un nouveau type de pneu, nous constatons que ce pneu se révèle également utile pour les autres équipes. Nous travaillons actuellement sur une amélioration du grip sur l'angle et de la motricité parce que c'est toujours dans ces deux secteurs que les pilotes réclament des améliorations."

ASSEN DATA

Record du tour Record du tour : nouveau circuit, record à établir.

Pole position 2001 Loris Capirossi (West Honda Pons NSR500-Michelin), 2'00.743

Récents vainqueurs du GP de Hollande 2001 Max Biaggi (Marlboro Yamaha Team YZR-M1-Michelin), 30'56.346 (course interrompue par la pluie après 15 tours) 2000 Alex Barros (Emerson Honda Pons-Michelin), 42'46.142 (course en deux parties, sec et pluie) 1999 Tadayuki Okada (Repsol Honda-Michelin), 41'12.732 1998 Mick Doohan (Repsol Honda-Michelin), 41'17.788 1997 Mick Doohan (Repsol Honda-Michelin), 43'37.954 1996 Mick Doohan (Repsol Honda-Michelin), 41'29.912

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About this article
Series MotoGP
Drivers Max Biaggi , Loris Capirossi , Valentino Rossi , Alex Barros , Tohru Ukawa , Mick Doohan
Teams Repsol Honda Team